top of page
Search

MOUNA KARRAY - Enfer personnel

Writer: Salimata Diop
Salimata Diop
Sep 30, 2014
1 min read

Updated: Nov 27, 2019

Critique écrite pour Intense Art Magazine

Autour de l'exposition The Divine Comedy, Heaven, Hell, Purgatory revisited by Contemporary African Artists, curatée par Simon Njami (MMK, Musem für Moderne Kunst, Frankfurt, Allemagne, 2014)


Mouna Karray, photographe tunisienne, se met en scène tout comme Dante dans La Divine Comédie.


Mouna Karray, The Rope, 2014

Elle nous propose un regard sur la transition entre la vie et l’arrivée aux Enfers. Ce passage est transposé dans une forêt qui n’est pas sans rappeler celle où Dante commença son voyage:

« Au milieu de la course de notre vie, Je perdis le véritable chemin, Et je m'égarai dans une forêt obscure. »


Comme à son habitude, Mouna Karray retient d’instinct le noir et le blanc comme confrontation primaire des couleurs. Toutefois, dans cet espace, l’artiste refuse l’interprétation manichéenne propre à l’imagerie chrétienne opposant le bien et le mal : elle place audacieusement une lumière mystique au centre de l’œuvre. L’imagerie renvoie à un ailleurs, une fois passée la frontière de la vie : ici, plus de frontières, seule l’errance subsiste dans un espace non délimité par excellence, celui de la forêt. La surexposition centrale de l’image éblouit l’espace et le chemin tracé par la corde disparaît dans les limbes, rendant floues la matérialité de l’espace et l’existence du temps.


Les forces exercées de chaque côté de la corde sont celles d’une seule et même personne et s’annulent fatalement : cette résistance face à soi-même maintient un équilibre absurde, celui de la condition humaine, dans une tentative désespérée et vouée à l’échec de se vaincre soi-même. L’artiste rejoint ainsi Sisyphe et les Danaïdes au tonneau percé dans leurs supplices infernaux.

 
 
 

Comments


© 2026 Salimata Diop - all rights reserved.

bottom of page