top of page
Search

OUSMANE SOW - grandeur et simplicité

Writer: Salimata Diop
Salimata Diop
Mar 15, 2016
2 min read

Updated: Nov 27, 2019

Critique écrite pour Intense Art Magazine


Ousmane Sow, célèbre artiste sénégalais, membre de l’académie des beaux-arts de Paris, sculpte l’Homme depuis plus de vingt-cinq ans. Ancien kinésithérapeute, il allie l’art de la sculpture à une connaissance parfaite du corps humain et à une lecture unique de la polyphonie des peuples et des histoires qui forment l’Afrique.



Ousmane Sow, Scene de tressage, 1993


De la rétrospective de 1999 sur le pont des Arts à Paris, on retient avant tout les scènes de guerre. Muscles contractés, combattants en pleine action, c’est le courage qui est le véritable sujet de la bataille de la Little Bighorn. Une minorité opprimée se jette dans un combat perdu d’avance, où l’issue de la bataille, certes épique, ne peut empêcher la fatalité de l’extermination.


Mais ses premières séries d’œuvres comptent également des témoignages plus modestes, démonstrations de force tranquille. Des femmes, des scènes de la vie quotidienne représentant différentes coutumes. C’est autant à travers l’épique qu’à travers la célébration silencieuse de la vie qu’Ousmane Sow dépeint et magnifie des traditions séculaires.


Parmi les personnages de cette fable, la Danseuse aux cheveux courts, La mère et l’enfant de la série sur les Massaïs, et les Peuls de cette Scène de tressage. Si beaucoup voient dans cette dernière sculpture un sujet exclusivement féminin, l’art de la coiffure chez les Peuls concerne en réalité les hommes comme les femmes. Les styles de coiffure sont élaborés, variés, et leur longueur, leur nattage et les ornements de cauris, ou encore de pièces, correspondent à des codes d’âge, de statut, de séduction…


La scène de tressage représente un homme d’une stature impressionnante, assis, stoïque, pendant qu’une femme, arborant elle-même une coiffure traditionnelle en cimier, une expression énigmatique sur le visage, tresse ses cheveux lisses. À genoux, elle surplombe pourtant l’homme et semble, tout en le coiffant, lui conférer quelque pouvoir, quelque bénédiction dont elle a le secret.


Nés de la terre, ciselés dans un matériau complexe composé, entre autres éléments, de sable, de paille, de jute et d’eau, leurs visages ont la couleur de l’argile verte. Des teintes et des textures qui évoquent l’Homme originel, celui des mythes de la Genèse. Une majesté certaine émane des deux personnages. Il n’y a aucune trace de déférence chez la femme, bien au contraire. Elle porte aussi bien que l’homme cette modestie, cette impressionnante retenue, cette maîtrise de soi que l’on attribue à son peuple.


C’est à travers cette scène d’une grande simplicité et d’une grande force qu’Ousmane Sow rend hommage à la femme peule, l’un des multiples personnages de l’épopée africaine qu’il nous conte.

 
 
 

Comments


© 2026 Salimata Diop - all rights reserved.

bottom of page